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Le Quotidien du Médecin - 17/11/2005

Posté par Céline GAGNEPAIN, le Lundi 21 Novembre 2005

 

Fichiers joints :
20051117 Le Quotidien du Medecin IRCANTEC.pdf

 

Le Quotidien du Médecin / Informations professionnelles

La réforme du régime de retraite Ircantec

LES MÉDECINS HOSPITALIERS CRIENT AU « HOLD-UP »

Le gouvernement s'apprête à réformer l'Ircantec, un régime de retraite complémentaire menacé de déficit. Les conséquences seront dramatiques pour les médecins hospitaliers : leur pension va chuter de 40 %, selon le calcul des intersyndicats de praticiens hospitaliers, qui crient au « hold-up » et appellent à une mobilisation forte et unitaire en décembre contre ce projet des pouvoirs publics.

« C'est quasiment l'annulation de toutes les avancées statutaires obtenues depuis 2000 », se désespère le Dr Pierre Faraggi, qui préside la Confédération des praticiens des hôpitaux (CPH).
Mais si l'on en croit les pouvoirs publics, la réforme du régime de retraite complémentaire Ircantec*, qui concerne avant tout les praticiens hospitaliers, est indispensable. Les réserves financières de cet organisme seront épuisées d'ici à une vingtaine d'années, selon les projections du gouvernement, qui entend redresser la barre en augmentant les cotisations, en diminuant la valeur du point par deux et en baissant le taux de remplacement. Deux textes devraient sortir prochainement, pour une entrée en vigueur de ces mesures dès le début de 2006.
L'an passé, le régime Ircantec comptait 2,5 millions de cotisants. Les 33 000 médecins des hôpitaux n'en représentent qu'une infime proportion, mais ce sont eux surtout qui auront à pâtir des effets de la réforme, car ils sont les seuls à cotiser 30 ou 40 années d'affilée à l'Ircantec - pour les autres, la durée moyenne de cotisation est de 8 ans.
A ce titre, les médecins hospitaliers réclament des aménagements spécifiques. Faute de quoi, leur retraite complémentaire chutera de 40 %, selon la profession.

FRONT UNI
Ces derniers mois, la réforme de la gouvernance hospitalière et celle des statuts ont divisé plus qu'elles n'ont rassemblé les organisations de PH. Là, « les pouvoirs publics ont réussi à créer un front uni », note avec malice le Dr Rachel Bocher, présidente de l'Inph (Intersyndicat national des praticiens hospitaliers). D'un même cri, la CMH (Coordination médicale hospitalière), la CPH, l'Inph, et le Snam-hp (Syndicat national des médecins des hôpitaux publics) s'insurgent contre ce « hold up sur la retraite des PH ».

MOUVEMENT NATIONAL EN DÉCEMBRE
Dans une déclaration commune datée du 15 novembre, tous les intersyndicats de médecins et pharmaciens des hôpitaux appellent l'ensemble des praticiens concernés à un mouvement national unitaire de grande ampleur dès le début du mois de décembre.
Cette décision, prise il y a quelques jours au sortir d'une réunion « retraite » au ministère de la Santé, a été confortée par la lecture d'un courrier adressé par Xavier Bertrand à chacun des présidents d'intersyndicat, où le ministre juge « indispensable » de réformer le régime Ircantec pour le sauver. « Xavier Bertrand indique que, selon lui, la réforme est indispensable, or les choses ne peuvent rester en l'état, il faut discuter de solutions alternatives », insiste le Dr François Aubart, président de la CMH. « Le ministère de la Santé n'a pas anticipé les retombées pour les PH, il a l'air de s'en désintéresser », ajoute le responsable de la CPH, Pierre Faraggi.

« DISSUASIF POUR LES JEUNES MÉDECINS »
Les chefs de cliniques sont concernés au premier chef par cette réforme de l'Ircantec. Le vice-président de l'ISNCCA (Intersyndicat national des chefs de clinique assistants des hôpitaux) peine à comprendre la logique poursuivie : « Le but des négociations statutaires en cours à la Dhos est de revaloriser les carrières hospitalières. Un tel projet est à contre-courant », s'étonne le Dr Olivier Guérin. Le jeune médecin durcit le ton : « Aujourd'hui, les chefs de clinique se posent beaucoup de questions sur leur intérêt à rester à l'hôpital ; la retraite est un des rares points intéressants. Si la volonté du gouvernement est de revenir sur les seuls avantages du public, les chefs de clinique se tourneront entièrement vers le libéral. Tant pis pour l'hôpital. »
Un scénario que redoutent par dessus tout les PH en poste, dont la moyenne d'âge ne cesse de grimper. « Si on laisse faire le gouvernement, ce sera dissuasif pour tous nos jeunes collègues qui ont envie de faire le choix de l'hôpital », anticipe le Dr Faraggi. Il parle d'un « mauvais coup à tout le service public ».« Il faut prendre le dossier retraite à bras le corps, enchaîne Rachel Bocher, repousser le projet du ministère pour que l'on ne soit pas au pied du mur, et tout remettre à plat. »
C'est avec ce message, doublé de la menace d'un mouvement de grande ampleur en décembre, que se rendront les quatre intersyndicats de PH au ministère de la Fonction publique mardi prochain, où une entrevue avec les auteurs du projet de réforme est prévue.
Leurs revendications sont de deux ordres. La CMH, la CPH, l'Inph et le Snam-HP réclament une expertise indépendante pour vérifier que les projections financières et démographiques du gouvernement sont bien fondées. Ils demandent par ailleurs l'ouverture de négociations pour trouver d'autres solutions que celles proposées par les autorités.

> DELPHINE CHARDON

* Ircantec, institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l'Etat et des collectivités publiques.

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